Font Size

SCREEN

Cpanel

Jacques Vaissac

 

Allée des Jardiniers …

Je me suis toujours dit que tu avais bien choisi ton adresse, Jacques.

Et pas seulement parce que ta boîte aux lettres étaient le rendez-vous de pensées de tous horizons, de toutes couleurs, de soucis aussi.

Du jardinier, tu avais la passion de semer des graines : des graines de compréhension, de changement, d’amour.

Tu avais la patience d’observer, d’écouter, de guetter le moindre frémissement de vie pour l’encourager. Tu savais l’eau des larmes nécessaire pour ameublir les terres les plus arides.

Et dès que tu pressentais un changement, ton œil pétillait de savoir qu’une nouvelle pousse allait apparaître.

Tu aimais protéger, tuteurer, de la main ou de la parole, portant la certitude rassurante des fruits à venir. Tu savais aussi discerner le moment venu de la nécessité de la taille, pour que la vie ne s’épuise pas en des rameaux infructueux.

J’aimais ton sourire lorsque tu voyais s’épanouir des fleurs que certaines enfances avaient empêchées.

Du jardinier tu avais aussi la constance. Les lendemains d’orage, tu t’empressais de renforcer ce qui pouvait être sauvé et te remettais à l’ouvrage.

Au fil des années, le soin de ton jardin d’âmes avait fini par tisser le rythme de ta vie, et ta présence immuable pouvait faire croire qu’il en serait toujours ainsi.

Pourtant, tu es parti brutalement, laissant ton jardin orphelin.

Mais tu peux être en paix. C’était un jardin partagé : il reste entre de bonnes mains. Et les arbres que tu as plantés continueront à sentir ta force dans leurs racines et à entrelacer la solidarité de leurs branches.

                                                                                                                                                                                                                                                                                        Marie-Odile

 

 

Jacques Vaissac Décès de notre président
 
Ce changement d'année est propice au bilan. 
Notre association APsySE a vécu en 2016 son premier deuil.
Notre ami, collègue formateur et thérapeute Jacques Vaissac est décédé le 25 mai 2016, 
à l’âge de soixante huit ans, à son domicile de Dijon, après avoir animé l'atelier didactique de Lyon.et pleinement exercé son activité à Dijon.
L’APsySE est cette méthode analytique et corporelle que nous avons élaborée ensemble au cours de presque 20 ans d'expérimentation.
C'est à lui que nous devons tout particulièrement l'idée de faire évoluer le travail de Willem Reich en fonction des souffrances actuelles. 
La méthode de végétothérapie fût créée dans les années 30, et c’est à Jacques  aussi que nous devons la mise en évidence, 
dans un processus de végétothérapie,  d'un chemin de guérison des grandes blessures d'amour, n'épargnant personne depuis la conception. 
Le travail des 7 niveaux reichiens est grâce à lui  plus structuré autour de la pleine compréhension de la circulation énergétique liée à l’amour à recevoir, 
à se donner, à donner aux autres dans le chemin normal de vie d'un être humain.
Ce chemin développe les aptitudes au pardon, à la liberté, au bonheur et à la parole vraie.
JV avait encore expliqué cette version de la méthode APsySE au cours de sa dernière conférence du 2O mai 2016. 
Le sachant gravement malade, je ne pensais pas que c 'était la dernière fois que nous travaillerions ensemble. 
Dans ce même dernier WE, il nous a été légué une autre lecture de ces fameux 7 niveaux 
( voir dans notre ouvrage "Souffrir ouAimer", le schéma de l’homme en couleurs pages 140/141) : comment on peut y percevoir le chemin de la  pulsion au désir, de l’enfant à l’adulte, 
sexe et coeurs reliés.
Jacques Vaissac, depuis notre rencontre de la neuro-végétothérapie enseignée par le Dr Fédérico Navarro, au cours des années 1990, 
s'était consacré, je peux le dire, à temps plein, à l'évolution de cette méthode corporelle que nous avons reliée à la psychanalyse. 
Je travaillais à l époque avec le Dr Denis Vasse, puis avec le Dr Juan David Nasio. J'ai rencontré JV en 1983/84, nous étions tous deux étudiants auprès de la "famille Boyesen": « Psychologie Biodynamique » de Gerda Boyesen, puis "Analyse Psycho Organique" de Paul Boyesen 
ont fait partie de nos parcours communs. En 1986 nous décidons de co-animer nos premiers groupes de psychothérapie, qui deviendront formation à partir de 2000.
1986/2016, c est 30 ans de co-animation d 'environ 300 groupes !. 
Il s’agit probablement d’une expérience assez rare d’entente, d'échanges professionnels, de complémentarité et d'encouragements mutuels à se consacrer à cette profession.
JV a largement a largement facilité  cette collaboration en étant un partenaire à l’écoute, tolérant, sachant m’aider à réaliser concrètement aussi ma propre  créativité.
Travailleur acharné, c’est lui le fondateur de l'APsySE, l'inspirateur du livre "Souffrir ou Aimer", écrit en duo avec les témoignages d'étudiants et collègues. 
Dans son expérience de vie plutôt solitaire, il a su saisir l'importance de l'amour comme voie de guérison. Pudique et discret sur lui même, son écoute, sa disponibilité, 
son dévouement pour les patients étaient perceptibles par nous tous qui le côtoyions.
Avec humanité, humilité et sagesse, il savait dédramatiser les situations, régler les conflits, 
user du silence qui donne à chacun le temps de passer à un autre niveau de conscience. 
La méthode qu'il laisse est précieuse car elle permet plus que toute autre d'agir sur le noyau de peur, de terreur, de fragilité et sur l'angoisse profonde qui va vers la psychose, c'est à dire : la perte /négation du corps / du réel , 
et vers l'impossibilité de se penser et d'exister avec les autres sans détruire sa propre vie.
Par sa finesse d'observation, il a su enrichir la méthode reichienne de nombreuses stimulations neuro musculaires/sans en trahir les origines. 
Il s’est battu pour rassembler  les écrits du Dr Navarro et les a fait traduire ; ensemble nous avons conceptualisé et relié ce travail corporel à L'EMDR, L'EFT, TAT,  
la dissociation structurelle, et la psycho-généalogie.
Il savait en compagnie se montrer bon vivant, être utile à sa famille, donner généreusement lorsque il aimait.
L’association APsySE (Analyse Psycho Somato Energétique)  continue dans l'esprit de ce qu'il a su insufler : la curiosité, le doute, 
la recherche d' unité dans le domaine de la santé psychique et de la maturation.
Comment accélérer le processus  à la transformation était devenu nôtre grande préoccupation cette dernière année. 
Il se voyait lui même beaucoup changer, atteint par des problèmes de santé : il était entré dans l’urgence d’exprimer l importance de  se changer pour changer le monde, guérir ou mourir en conscience.
Nous partagions cette conviction que par l’amour il est possible d accéder à une énergie d'auto-guérison, 
l ‘acceptation de la mort faisant partie de cette guérison.
Cette énergie se mérite par la foi qu'elle demande, en cette vérité qu'il n y a pas  de source d énergies 
et de forces de vie plus puissantes, que la joie et la capacité de vivre l'instant présent.
C'était ce qu'il puisait chez moi, dans notre alliance de travail, et s’il est mort d’une maladie cardiaque, c’est peut être de n’avoir pas eu le temps de mettre sa vie en accord complet avec ces convictions là. 
Il y a un an à Noël,  il apprenait la gravité de son état de santé, et la nécessité d une lourde opération du coeur, qu'il a refusée. Il a courageusement vécu la dernière année de sa vie en travaillant sans plainte, dans la bonne humeur et sa simplicité habituelle.
Il a eu la force de ne rien montrer de sa souffrance, face à la maladie et la solitude, et de croire en la vie jusque au dernier jour… 
 " Je te remercie Jacques  d'avoir été au delà de toute attente, ce collègue reconnaissant 
de ce que j ai pu modestement t'apporter d'essentiel : la confiance en la vie. 
Christine Zürcher et l'association APsySE.
Vous êtes ici : Accueil A Jacques Vaissac