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Etude de cas Daniel Rougier

Angoissé-Dépressif

Cas présenté par Daniel Rougier, Psychopraticien certifié en APsySE .

 

*Le sujet en devenir

C’est une jeune femme séductrice, intelligente, passionnée, suractive ayant fait des études supérieures, qui arrive dans mon bureau, débordante de paroles. Apparemment à l’aise dans son corps et dans son discours, elle se présente pourtant comme une dépressive chronique, angoissée, mais aussi comme une marginale (surtout fantasmée).Bien éduquée, mais pouvant être vulgaire, avec de fortes injonctions parentales dites et non-dites, elle possède un Surmoi en béton précontraint. Sur le qui-vive permanent, elle vient pour aller mieux, bien-sûr, pour lâcher prise et pour continuer des études.

L’environnement

Le père, perfectionniste, suractif, à l’aise avec la matière mais pas avec les mots, est aux petits soins avec son épouse. Un on-dit : le père désirait un garçon.

La mère angoissée, phobique n’aimant pas son corps et tout ce qui s’y rapporte, somatise. Elle a incorporé la morale dans sa chair (dixit la patiente).

Les deux parents ont distribué à leur fille, différentes injonctions :

« Positives » : faire des études, ne pas être oisive, être propre…

« Négatives » : en rapport avec le corps, avec son avenir affectif….

La plainte, les plaintes

Deux plaintes dominent et alternent :

L’angoisse existentielle ;

La dépression ou la peur de la dépression.

Avec une cohorte de plaintes associées :

En rapport avec le corps : dégoûtant, moche, pas féminin, pourri de l’intérieur,

Sensation d’échec total : sensation d’enfermement dans les différents compartiments de sa vie.

Dans les différentes relations :

Pas de distance par rapport aux autres.Trés démonstratrice et entraînante dans ses relations, est recherchée, admirée, mais pas pour le bon motif ;

N’existe pas, ou n’existe que dans sa tentative de séduire et d’incorporer l’autre ou par le regard des autres ;

N’est pas comme les autres.

*Les symptômes

Enfance

Vomissements sanglants pendant 2-3 ans ;

Régime

Vie imaginaire parallèle à la réalité du quotidien ;

Le manque, la solitude ;

L’angoisse.

Adolescence

Complexée, elle compense et se différencie des autres grâce à son intellectualisme et au fait qu’elle est brillante. C’est une « intello », ce qui est pour elle à la fois compliment et injure.

Adulte (quand elle arrive en thérapie)

Alternances de phases d’excitation et de phases de dépression ; Elle est très sensible aux odeurs : le sang, le sale, les règles, le vomi, la putréfaction qu’elle associe au bébé ;

L’intérieur du ventre la dégoûte, elle ne veut pas avoir d’enfant ;

Sa peau est à vif, écorchée, garde des marques facilement ;

Son système digestif fonctionne mal depuis toujours : diarrhées plus ou moins permanentes ;

Son corps manifeste souvent : crampes (mollets, estomac), problème de cou ;

Elle a des fantasmes très violents d’atteinte à sa personne qui se traduisent dans la réalité par des accès ponctuels de boulimie ou de besoins d’alcool pour combler ce qu’elle appelle son trou fondamental ;

Frustrations, colères, honte, culpabilité sont ses lots quotidiens.

L’avis du thérapeute

En sympathicotonie permanente, moi quasi inexistant. Ne vit et ne tient qu’à sa double structure caractérielle orale-masochiste et à la cuirasse musculaire correspondante. Elle fait penser à une marionnette manipulée par les ficelles du Surmoi et des relations. C’est une structure Unaire, chargée de plusieurs angoisses de castration primaire, orale, œdipienne. Les chaînes musculaires postérieures sont hypertoniques, ainsi que les chaînes antérolatérales des jambes. Les pieds sont ceux d’un bébé, les jambes sont en rotation externe fermant complètement le périnée et le sexe qui fonctionne en tout ou rien : sur-ouvert ou contracté.

Noyau psychotique à couverture hystérique, elle a été et est le phallus du père. Elle a la réputation d’avoir beaucoup de vitalité, mais en réalité c’est une pulsion de mort déguisée en pulsion de vie, pulsion de mort qui apparaît au grand jour à certains moments ou dans l’intimité du quotidien.

*La Thérapie

Avant l’APsySE

Assez rapidement, son intelligence, son discernement, son engagement en tout ou rien, lui font prendre conscience de l’environnement dans lequel elle a vécu psychologiquement et physiquement. Être portée dans un ventre considéré comme, dégoûtant et en putréfaction ne donne pas un début de vie confortable et cette période est déjà chargée de différentes peurs.

La thérapie corporelle classique amène des émotions, des souvenirs, des fantasmes, un début de décharge et de lâcher prise, mais bute assez systématiquement :

-sur l’angoisse de ce qui bouge dans le ventre, dans le cou…..

-sur la panique : peur de lâcher prise, peur de la dépression, peur de l’auto agression ;

-Sur la colère qui, elle, peut s’exprimer un peu sur le père, la mère, le thérapeute, elle-même….mais qui finit toujours par faire peur.

Avec L’APsySE

Le peu d’existence du Moi conduit à mettre de côté les thérapies psychocorporelles classiques et à adopter 2 stratégies simultanées :

-Découvrir les bribes du Moi, inexistant ou presque, enfoui sous l’épaisse cuirasse caractérielle et musculaire, et le construire en séance et en dehors des séances, pierre par pierre et même au début grains de sable après grains de sable, avec un « travail » de tous les aléas que cela comporte en séance.

-Adopter systématiquement la pratique de l’APsySE en suivant la méthodologie rigoureusement.

Seuls les trois premiers niveaux ont été travaillés et retravaillés…

Produisant au fil du temps une activation et une libération des niveaux inférieurs car, chez cette patiente en particulier, chacune des sistims de chacun des trois premiers niveaux, active à chaque fois un ou plusieurs des niveaux inférieurs, en particulier : cage thoracique-bras ; diaphragme ; ventre ; périnée. Ceci est caractéristique chez les personnes à structure hystérique.

Voici un résumé des effets de ces mobilisations neuromusculaires :

 

Niveau1

Les oreilles

Evoquent l’enfermement dans le ventre de la mère, l’handicapée mentale, la colère, la rage.

Les yeux

Provoquent la panique, la colère, la toux. Être surveillée mais, aussi ne pas relâcher sa propre vigilance sur les menaces extérieures. Vigilance qui avait commencé avant la naissance (dixit la patiente).

Niveau 2

La bouche

A activé à peu près toutes les émotions, en particulier : peur panique, peur de se laisser aller, peur de la dépression ; rage, colère plutôt avec le haut du visage ; tristesse, pleurs, nostalgie, fatalité avec le bas du visage. La bouche a été pour elle, le grand danger. Toute la cuirasse corporelle fût mobilisée pour participer à la résistance, c'est-à-dire tout le corps, avec quelques zones assez systématiquement en surtension ou en crampe ou en paralysie-anesthésie. En particulier pieds-mollets-bouche-langue-sexe et cou érigé (protection) dans les moments les plus intenses. Le mal de tête faisait son apparition avant chaque nouvelle prise de conscience.

Niveau 3

Le cou

A mis en évidence la fragilité-absence du Moi et les ficelles de la marionnette, les différentes figures de la lignée maternelle à gauche et le père et le thérapeute à droite.

Trois scènes ont émaillé toute la thérapie

Une avec la mère que nous avons appelée la petite pièce dégueulasse, le seul lieu où il pouvait y avoir un contact intime, affectif et sans angoisse avec la mère.

Une avec le père nommée le défi-lien, qui se présentait sous différentes formes d’activités physiques intenses, dont une, beaucoup plus exigeante, qui faisait passer la patiente par toute la gamme des émotions et des sensations. Elle lui permettait d’avoir l’affection du père et de faire corps avec lui mais au prix d’une négation d’elle-même.

Une troisième avec elle-même, nommée la petite chaise, seul lieu où le fantasme, les rêves éveillés….lui ont permis de rester suffisamment elle-même et probablement de se sauver.

*Les changements

Ils se sont produits avec un certain nombre de traversées du désert, de dépressions, de mal-être physique. Elle a pu affronter ses peurs, sa panique….et de la sécurité s’est installée au quotidien. Au fur et à mesure que le Moi se construisait, petitement au début, le Surmoi a finalement lâché de plus en plus, parfois dans certains domaines de façon spectaculaire. La couverture hystérique a libéré son emprise et est très peu présente. Et, quand elle l’est, elle l’est consciemment. Le dégoût du corps a presque disparu, en particulier celui de l’intérieur du corps. La vie relationnelle a totalement changé : beaucoup moins de dépendance et donc plus d’indépendance.

Au niveau physiologique, certains changements sont spectaculaires. La peau du corps a changé de texture, de couleur, et n’est plus à vif ; le cou s’est affiné, dégonflé.

Tout n’est pas encore tout rose, elle a encore quelques épanouissements à laisser advenir, mais le compostage de toutes ces années a fait son œuvre, l’humus est prêt. Les semailles sont seulement une affaire de temps propice et de synchronicités, comme il y en a eu de nombreuses dans sa thérapie.

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