Federico Navarro

Quelques textes de Federico NAVARRO

L’auteur a utilisé l’écriture en italique pour marquer l’importance qu’il attachait à certains mots ou phrases ; les titres en gras comme les mots ou phrases soulignés sont de notre fait.

Les bases du projet thérapeutique

« Un diagnostic correct permet l’élaboration d’un projet thérapeutique pour chaque patient en particulier. Le projet thérapeutique est fondamentalement énergétique et en conséquence clinique. [...] Le projet thérapeutique a comme modèle le caractère génital qui grâce à la thérapie amène à la redécouverte de l’amour. Cet amour doit avoir été appris, surtout du corps de la mère, ­et se termine non seulement avec le plaisir mais avec la joie de vivre. La thérapie procède par tranches ou étapes. [...] Il y a une grande différence entre paternalisme et disponibilité. La végétothérapie est une investigation méthodologique et non une technique qui permet de poursuivre la transformation. [...] La validité du projet thérapeutique peut être vérifiée si nous gardons à l’esprit le niveau de gratification que procure la récupération fonctionnelle durant la reconstruction thérapeutique et le développement psychoaffectif d’une personne. »

Federico Navarro, « La méthodologie de la végétothérapie »,  p. 89/90 d’une édition intégrale de son œuvre pour l’usage interne de l’Institut SOMAPSY.


La caractérialité et le caractère génital

« Une psychanalyse ou toute autre thérapie verbale [...] ne ramèneront pas à la surface les situations basiques fondamentales de la structure de la personnalité du sujet, une fois que le caractère commence à se former dans la période préverbale. Le caractère est le caractère de notre Moi. Le Moi est notre propre corps doté de sa forme « caractéristique » qui se manifeste par une façon de marcher, des expressions du visage, une attitude, une façon de parler, un mode de relation avec les autres et tout ce qui a rapport aux situations de type dialogue. [...] Dans la relation de dialogue, la réaction de l’être vivant est toujours une réaction neurovégétative et musculaire.
[...] Comme chez  tous les êtres vivants on constate une réponse d’expansion et de contraction selon que les conditions sont respectivement gratifiantes et/ou favorables, ou frustrantes et/ou défavorables. En ce qui concerne le corps humain, c’est-à-dire le caractère de notre Moi, les réactions neurovégétatives et musculaires sont fondées sur la nécessité de réprimer certains aspects fonctionnels, certaines nécessités pulsionnelles. Ces mouvements déterminent la formation des traits caractériels. Tout trait caractériel est la solution que l’individu trouve pour réprimer une situation de conflit.
A partir du moment où toutes les situations conflictuelles provoquent de l’angoisse, il est évident que le trait de caractère cache, bloque, presque toujours, une situation d’angoisse. Pouréviter cette situation d’angoisse, nous la bloquons en créant un état qui, en réalité, n’est rien de plus qu’un signe de blocage énergétique correspondant à la situation du conflit.
Dans la structure caractérielle fonctionnent deux principes économiques de formation du caractère. L’un est d’éviter l’angoisse avec certaines manifestations de conversion, et l’autre de retenir l’angoisse quand il n’est pas possible de l’éviter de façon qu’elle ne nous porte pas préjudice et ne nous fasse pas souffrir. Ce qui signifie que dans la structure caractérielle de l’adulte toutes les manifestations de type prégénital ou sadique, servent en réalité non pour satisfaire, mais seulement pour diminuer une certaine tension à certains moments dans le segment corporel bloqué.
[...] Le caractère a toujours une fonction défensive, fruit d’une réponse inadéquate de la société à nos besoins primaires. [...] Le caractère d’un individu adulte est déterminé par ce qui est la fixation de sa libido, fonction du lieu où l’énergie a été bloquée. [...] Ceci explique la variété des traits de caractère. »

Federico Navarro, « Caractérologie post-reichienne », p. 176 d’une édition intégrale de son œuvre pour l’usage interne de l’Institut SOMAPSY.


Le transfert

« À la différence de la psychanalyse, en végétothérapie le travail sur le transfert n’est pas uniquement interprétatif. [...] Le transfert peut s’exprimer par le refus des actings, la non verbalisation, la ridiculisation, la moquerie, l’indifférence et la peur. [...] Le corps dans le transfert donne à connaître des choses dépassant les limites de la verbalisation et ceci sera reconnu par le thérapeute grâce à des signes tels que peur de l’empathie, de l’intuition du thérapeute et de l’expérience personnelle vécue à travers la relation transférentielle.
Les aspects verbaux et non verbaux ne se séparent pas au cours d’une séance de végétothérapie. Le thérapeute sera toujours préoccupé de décoder le transfert du patient autant que son propre contre-transfert. La relation transférentielle doit être distincte de la relation réelle avec le thérapeute et de l’alliance thérapeutique.
[...]
Reich souligne que dans la relation thérapeutique, il y a au début un faux transfert positif [...] suivi d’un transfert négatif qui arrive finalement à l’authentique transfert positif.
L’ambiance parentale qui se vit dans l’espace thérapeutique est tellement distincte du vécu familial historique du patient, que cela permet que tout soit différent : le transfert négatif peut s’exprimer sans la perte de relation. De là l’installation du transfert positif authentique.
[...] En végétothérapie le transfert corporel est de nature énergétique. Les deux corps en présence  (thérapeute et patient) sont à la fois partie et tout. Ils obéissent à un modèle dialectique. Le psychotique fuit le transfert et utilise l’acte au lieu de la mise en mots. Il utilise la possibilité de laisser le corps pour se réfugier dans l’inconscient, dans le « non-moi » : cette pratique justifiée sous la torture suppose un dommage à soi-même.
[...] Un des résultats de la thérapie c’est la parole juste, l’expression sans peur, et cela se réalise au fur et à mesure de l’exigence éprouvée par le patient à l’égard de la qualité de sa propre vie. La transformation caractérielle est une transformation émotionnelle qui modifie et bouleverse parfois le mode de communication habituel. »

Federico Navarro, « La méthodologie de la végétothérapie »,  p. 94 d’une édition intégrale de son œuvre pour l’usage interne de l’Institut SOMAPSY.

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