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Le Manque C.Zürcher

  Le Manque et ses avatars

Expérience fondamentale de l’Etre Humain…

…moteur du Lien et de la Relation

         Ecrit à la demande des Astrologues du RAO de Lyon pour un colloque de Psycho- Astrologie sur le thème " Manque, Frustration, Dépendance, Addiction " 21  octobre   2006

"  Eh ben ! Y’a du monde là dedans ! "  :  Réflexion d’une personne qui voit le titre du colloque. Effectivement, il y a tout le monde !

Introduction:

Il était une fois la légende du Soleil au pays des DOGONS, il y a très longtemps, à l'époque où le ciel et la terre étaient si proches que le soir les mères décrochaient les étoiles pour que les enfants jouent avec avant de s'endormir…Les Astrologues font-ils partie des passeurs toujours présents dans nos sociétés, qui peuvent rappeler aux adultes/enfants perdus dans la souffrance d'avoir à s' incarner qu'il y a quelque part en eux et hors d'eux une bonne ETOILE. En eux, cachée sous le poids du roman familial sous les héritages lourds, sous les traits de caractère limitants, sous la cuirasse des croyances, des conditionnements, des PEURS , des ANGOISSES, des ECHECS et des MANQUES…

Hors d'eux, pour qui sait regarder plus haut - une bonne Etoile, une FOI dans la Vie qui guérit les manques. J'imagine que le métier d'Astrologue c'est d'ouvrir la possibilité que chacun accomplisse à sa façon le chemin vers le soin de son Ame blessée, vers sa bonne étoile porteuse d'un désir puissant de Vie. Cette bonne étoile qui relie l'homme à l'Univers et lui transmet le message des anciens: " Connais toi toi-même" et tu connaîtras l'Univers ( l’Intelligence de l’Univers ). Les doctrines cosmogoniques et cosmologiques d' Anaxagore fondées sur sa " théorie des particules semblables " ont été reprises par Edward Glover d'un point de vue psychanalytique. Terre et étoiles sont inséparables. Les mères Dogons l'enseignaient à leurs enfants. Hommes et univers inséparables et inséparables les approches qui visent à replacer l’homme dans sa globalité CORPS AME, PSYCHE.

Nous observons que nos consultants communs entendent le même langage, ce qui est rassurant, quel que soit l'outil, le support de lecture utilisé pour faciliter leur Naissance à eux-mêmes. Naître signifiant se REUNIR, accepter la finitude , le corps/tombe ( soma, sema) la mort comme partie de la Vie. Accepter son propre corps signifie ETRE, dire oui à la polarité VIE / MORT. Le corps non assumé totalement par l'homme est projeté dans l'espace de l'univers, dans la folie où l'individu ne s'éprouve pas lui-même comme une personne "entière " totale mais comme un être divisé et dispersé dans de nombreuses directions ne trouvant plus de points de repère stable.( l’ expérience psychotique : déni de réalité SALOMON RESNIK )

Nous sommes là déjà en train de parler de l'ORIGINE du grand MANQUE INACCEPTABLE: POUR VIVRE il nous faut MOURIR.

Le Manque de Manque n'existant pas, les êtres manquants que nous sommes sont évidemment appelés à vivre en ce monde tous les avatars du Manque, de grandes frustrations qui risquent de nous laisser insatisfaits à vie. Seule l'acceptation de la Castration et du " Manque " ( concept repris par Lacan ) peut nous permettre d’accomplir ce passage nécessaire du BESOIN au DESIR. Ce passage qui ne s'accomplissant pas, crée toutes les conditions pour que se mettent en place frustrations et insatisfactions , dépendance et addiction.

A la question du Manque 3 réponses possibles :

1/ Le consentement à la Vie donc au Manque (acceptation de la Loi, la guérison du Manque, aller vers les Autres).

2/ L’impossibilité de se plier donne frustration et revendication permanentes ( plaintes, râlerie / se battre contre, refus de la Loi )

3/ L’impossibilité de la traversée du manque et la tentative de trouver des béquilles, conduit aux addictions ,voire toxicomanie, à la négation et destruction de la Loi Humaine d’aller vers les Autres.

Qu’est-ce que la psychanalyse entend par Castration et Manque ? Ce sont des concepts complexes que je m’efforcerai de clarifier.

De façon simple, c'est l'Absence, le Vide, la Séparation d'avec soi-même et l'autre  " un seul être me manque et tout est dépeuplé ". Nous faisons tous l’expérience du Manque ou des manques. La vie est ainsi faite. De détachement en détachement, nous pourrions apprendre à grandir, je dirais à partir, à nous séparer et ce depuis la naissance, mieux depuis la conception. Comme vous l'avez compris, les résistances sont sérieuses. Cependant, nous nous construisons de gré ou de force plus sur nos manques que sur nos pleins. L'Epreuve du MANQUE et sa traversée obligatoire est l'expérience fondamentale de l'Etre humain, archaïque , précoce, liée aux castrations obligatoires et renoncements nécessaires pour grandir. Le gain : accepter de Vivre parmi les Autres avec les Autres.

Une définition du MANQUE ce serait la douleur d'Aimer et de Perdre

La période privilégiée de l'inscription des manques réels, archaïques, le stade ORAL marque la vie du nourrisson, avec l'élaboration positive ou négative de la relation d'objet et de l'image inconsciente du corps. La conséquence de l'inscription des manques à ce stade précoce c’est : dépression, angoisse de mort, de séparation, d'abandon, rage , colère, violence, difficultés relationnelles, vide et solitude, retrait, inertie.

Tous ces manques, le corps en porte l’empreinte.

Le manque de nourritures affectives, manque ORAL est le plus lisible sur le visage d’un individu, il suffit d’observer yeux et bouche, rides, plis, expression, yeux et bouche donnant à l’observation les indices sur le manque de sécurité entre autres manques, le cou sur le manque de reconnaissance et l’estime de soi etc….La lecture du corps permet de déceler la nature et l’importance de nos manques. Il est ainsi possible d’observer comment l’énergie a investi ou désinvesti certains niveaux du corps aux différentes étapes de notre développement psycho affectif. (voir F. NAVARRO " L’essentiel de la Neuro-Végétothérapie " Institut SOMAPSY 2004)

La traversée du Manque c’est l’acceptation de la Castration. En psychanalyse, la Castration est d’abord Castration de la Mère, c’est à dire que l’enfant ne doit pas être "  le phallus " qui lui permettrait d’être toute . L’enfant s’identifierait à ce qui manque à la mère (le pénis), mais à un pénis imaginaire nommé " phallus ". Cette identification phallique doit lui être interdite par le Père symbolique c’est à dire LA LOI, LA PAROLE et c’est le discours de la Mère qui fait LOI mettant en place cette interdiction par la place qu’elle fait au Père dans son désir.

C’est le Père l’objet de son désir, pas l’enfant . Elle doit orienter le DESIR de l’enfant qui grandit ailleurs que tendu vers elle.

On voit tout de suite la dérive d’un maternel trop enveloppant, possessif , excessif, craintif quand la mère n’est pas une personne désirante vers le Père, quand le père n’est pas le symbole de ce qui lui manque. Si tel est le cas, l’enfant est livré à être son complément, son morceau de chair, son phallus, il n’existe pas hors d’un tout qui serait la vérité de sa vie.

La Castration désigne le manque symbolique d’un objet imaginaire.

La frustration c’est le manque imaginaire d’un objet réel.

La privation ou déprivation est le manque réel d’un objet symbolique.

Derrière cette notion de Castration plane le fantasme de la Mère toute puissante, envahissante ou perçue dans le fantasme comme telle qui empêche l’Acte de Parole et du langage ( Dolto/ Vasse )

Pour le parent, assumer la Castration c’est avoir une parole qui fait acte qui fait séparation identitaire : l’enfant n’est plus la raison de son être, objectisé, instrumentalisé, fusionné " moi-ma-maman " ou " moi-mon-papa ".

" La Castration c’est le renoncement du sujet à s’assurer en l’Autre la garantie d’une jouissance réservée au Père dans sa présence symbolique auprès de la Mère. "

Le Père symbolique est l’agent de la Castration l’objet c’est le phallus imaginaire. Il s’agit de ne pas être le Phallus de la Mère, c’est à dire son objet de jouissance. Et le Grand Manque c’est vraiment ce renoncement à être le phallus de la Mère. Ce qui s’ énonce pour LACAN par Manque à Etre. Plus largement, il faut entendre par manque à être, il faut entendre par manque à être que nous sommes des êtres imparfaits, inachevés, incomplets, voués à le rester et MORTELS.

Voici 4 exemples de perturbation importante et de défense contre la Mère toute puissante :

1/ LA PHOBIE , l’objet phobique représente le désir insupportable de la mère sur l’enfant ( ex : phobie de l’ avion, de l’autoroute, des araignées, d’ avaler quelque chose )

2/ LA NEVROSE où l’on tente d’échapper à ce désir concernant notre être en l’interprétant comme une demande concernant notre agir.

3/ LA PERVERSION qui dénie le désir négatif de la mère au moyen d’un fétiche ( percing, body-building, objet manteau de fourrure, chaussure )

4/ L’ANOREXIE où il s’agit de refuser d’Etre et par là-même de rester le phallus d’une mère qui ne désire pas à l’extérieur ( détruire sa forme féminine toute puissance ).

 

C’est trouver la vérité de son Etre dans le Tout, la FUSION Or, l’Autre est Manque et ce Manque est mon ETRE . C’est cela le DESIR. Le désir n’est désir de Rien. L’autre ne veut " Rien " et en même temps c’est toujours désir de jouissance. La névrose consiste à dénier le désir qui ne dit rien en imaginant que le Manque dans l’Autre est une demande. Le névrosé croit qu’on lui demande d’être bon élève, heureux, mari fidèle : la demande est consistante, son désir est vide. L’Autre serait une mère phallique et le sujet lui-même s’imagine être ce dont l’Autre a besoin pour cesser de manquer. C’est épuisant et ça ne marche pas !

La Castration est aussi renoncement à avoir le phallus, à en être le maître. C’est le Père qui a cette place dans le discours de la Mère. Le phallus sans nous, prend valeur de lien des différences du masculin et du féminin. Sans nous c’est un signifiant, objet manquant qui signifie qu’on ne peut jamais être tout nulle part ni dans le langage. La seule réalité du Phallus c’est la Castration elle-même. La Castration c’est quand le phallus imaginaire de la mère devient le symbole de la différence en général. F. DOLTO parle de s’incarner dans le génie de son sexe homme ou femme différents. Pour les garçons il est valorisant d’avoir un pénis érectile. Le génie féminin c’est de désirer, d’aimer, d’attirer l’attention ou d’aller chercher à l’extérieur une valeur phallique.

Le sujet n’est rien d’autre que son propre manque.(Lacan)

L’impossibilité de la Jouissance c’est tout simplement le désir : la définition du sujet par le langage.

L’accès aux lois du langage est identifiable à la castration.

La castration n’est pas sanction du désir mais condition indispensable pour qu’il y ait DESIR. La castration c’est donc finalement qu’il n’y ait pas de garantie. L’Autre originellement incomplet, ne constitue aucune garantie à quoi on puisse se raccrocher pour être enfin soi-même. La Castration est liberté d’être. L’Autre n’est pas quelqu’un il ne demande rien. Le reconnaître c’est cesser de vouloir être la marionnette de quelqu’un ( de la mère incompréhensible quand on essaie de toujours savoir ce qu’elle veut finalement de nous ) c’est accéder à l’état de sujet désirant. Le sujet désirant n’a pas de réponse à la question de son être et c’est justement ce vide à propos de lui-même qui le rend désirant. Tout ce qu’on désire est toujours partiel, le désir est indéfiniment relancé. La Mère n’est pas phallique, le père symbolique n’est pas le rival de l’enfant, la présence du papa doit être réalité spécifique du père symbolique : il représente la LOI il ne la fait pas ( sauf dans la père-version )

Accéder à son DESIR c’est extraire le symbolique de la demande, ne plus en vouloir aux gens, ne plus croire que tout le monde nous en veut, que notre mère nous envahit , que notre père nous écrase, qu’ils ne nous aiment pas même si par ailleurs tout cela peut être vrai.

Accéder à son Désir c’est ne plus mettre sa veste quand la mère a froid, ne plus manger quand elle a faim… C’est désamorcer le Pouvoir de l’autre sur soi et la confusion de l’Autre et soi.(Concepts Lacaniens)

Différents types de Castration ( selon F. DOLTO )

1/ Castration primaire ou naturelle = chaque être humain appartient à un seul sexe. Mettre des mots sur la vérité de la vie pour le garçon et pour la fille.

2/ Castrations symboligènes : verbaliser les interdits . Quand le désir devient non conforme à la loi humaine et s’ énonce sous forme de pulsions. Ce sont des épreuves mutatives. Le désir n’est pas interdit en soi mais certaines de ses modalités : se sont des Castrations dynamisantes : .

a/ Castration ombilicale : perte du placenta et non de la mère. 1er objet de deuil.

b/ Castration orale : interdit de corps à corps cannibalique ( 0 – 18 mois ) 1er sevrage

c/ Castration anale : propreté. Second sevrage entre 24 et 30 mois. L’enfant fait pour lui-même – interdit de tout agir nuisible, vandalisme, destruction – morale de vie en groupe – contrôle des pulsions.

Les castrations symboligènes ne se réfèrent pas à un fantasme mais à des réalités psychiques et du désir . Ces castrations participent à l’humanisation du Désir.

F.DOLTO insiste sur le fait que la castration le NON est une délivrance. ( savoir clairement ce qui est possible et pas possible, différence entre réalité et imaginaire). Initiatrice du monde humain, de ses lois, de la puissance du désir Elle n’y met pas la castration oedipienne car Freud l’a développée avec la question du versant négatif de l’Oedipe, l’Inceste.Elle comporte une dimension d’interdit et de souffrance mais n’est pas assimilable à une rétorsion ou simple frustration. Elle est reçue et donnée en paroles. C’est une opération symbolique , un don. " Donner  la castration permet à l’enfant de sortir des situations incestuelles , incestueuses, régressives et mortifères du désir ". F.DOLTO remarque que de nombreux parents sont incapables de donner une castration symbolique parce qu’ils regrettent de ne plus être des enfants.

Une autre castration refusée observable dans la clinique, c’est la castration cosmique. Certaines personnes portent le fantasme de ne pas être nées le désir de retourner à cette longue nuit qu’est la vie intra-utérine et au-delà de retourner à l’esprit non incarné. Refus de la " prise d’un corps tombeau " trop étriqué, contraignant.Refus de la conception car accomplie dans une alliance " tordue " des parents (mensonges, perversion manque d’amour, de respect, parents engagés dans plusieurs couples, viol, etc ). Ce qui conduit au refus pervers de la Vie ( Denis Vasse ). C’est fréquent, ce NON à la VIE, ce refus de conception, cet auto engendrement, le refus des parents et de la scène primitive.

Le thème que vous proposez ne manque pas de pertinence pour l’époque, la situation sociale actuelle et pour les personnes en souffrance que nous recevons dans l’intime de nos consultations. Mais peut-être en a-t-il toujours été ainsi que le MANQUE et sa cohorte, les manques soient à l’origine de la plus grande souffrance / béance de l’être humain.

La peur de manquer n’est pas la peur du Manque . A la peur du MANQUE , dont l’origine est fantasmatique, je répondrais : " Plus jamais soif de l’Impossible, il est des renoncements nécessaires pour grandir ". Pour toutes les souffrances et tous les manques réels, le sujet n’invente pas toute sa souffrance, il y a à donner toutes les réparations symboliques possibles à ces douleurs réelles, c’est le travail des thérapeutes. De quoi avons nous besoin ? D’écoute, de Parole qui touche notre blessure dans l’inconscient et de retrouver l’ordre du DESIR, c’est à dire la possibilité de vivre avec les Autres avec le moins de blessures possibles.

Je crois que plus une société offre de compensations matérielles, de trop de trop-plein et d’inutile pour combler de faux besoins crées par manque d’identification des vrais manques, plus cette société va créer des individus éloignés de leurs vrais BESOINS et de leur DESIR, donc en état permanent de MANQUE malgré le TOUT apparent. Le grand manque étant LA PAROLE, la symbolisation, la séparation. Une société par trop matérialiste (F de Closet : " toujours plus " " encore plus ") ne permet plus à l’individu de sentir que les manques ne sont pas manque d’objet , mais tout simplement manque de PAROLE qui fait sens, d’amour, de tendresse, d’Humanité, de Relation, car la grande douleur du Manque c’est toujours la douleur d’Aimer ( voir le livre de la Douleur et de l’Amour de J.D NASIO ) . " Et il nous faut, nous thérapeutes, entendre les cris devenus silencieux, un souffle qui n’attise plus ; ré-attiser, ré-animer une énergie d’Appel à l’Autre, de demande à l’Autre ".( Le cri est un appel au silence du Vide) ( NASIO ) Rien n’est vide apparemment dans notre monde actuel et pourtant il est plein de Cris qui font appel au Silence du Vide, où s’oublient les valeurs essentielles de l’Homme.

Je donnerai les 3 axes qui selon D. VASSE définissent si bien là où se situe la plénitude ou le Manque dans la destinée humaine : Mort/Vie, Vérité/Mensonge, Homme/Femme

1) La vie s’organise autour de ces 3 axes

2) Quand un axe est perturbé, ils le sont tous

Vérité Vie

Accepter le génie de son sexe.

Selon Dolto, nous sommes des être sexués, différents dans la chair.

HommeFemme

Se situer d’emblée du côté de la vie en acceptant la mort PAROLE qui symbolise, qui signifie, qui nomme

Mort Mensonge

Toute la plénitude ou vacuité de l’homme est là.

Entre Vérité et Mensonge nous avons à nous référer à la vérité de notre origine. Entre Homme et Femme à l’unité de la différence sexuelle. Entre Vie et Mort, à nous inscrire dans la généalogie des humains . La traversée du MANQUE est l’ ancrage à une Parole VRAIE ( " en vérité je vous le dis " ) au " génie de son sexe " à la reconnaissance que VIVRE ce n’est pas ne pas mourir c’est essentiellement acceptation de MOURIR. Le fait de vivre est déjà une perte.

Dans ses aspects ravageurs et sous toutes ses formes, le Manque va organiser la frustration et la plainte de l’Etre Humain.

Autour du Manque s’organisent toutes les peurs .

  • Peurs embryonnaires
  • Peurs fœtales
  • Peurs néonatales
  • Peurs postnatales
  • Peurs pseudo génitales

C’est parce qu’il y a des manques qu’il y a des peurs.

On pourrait dire aussi qu’autour des Peurs s’organise notre rapport aux Manques conscients et inconscients, donc notre système défensif pour ne sentir ni les Peurs ni le Manque.

Ne pouvant échapper à l’imperfection de la vie et des premiers êtres qui nous entourent, les parents, nous aurons à faire avec nos frustrations.

                                         La FRUSTRATION

              ou le décalage entre demande et réponse

Le plus difficile ! Savoir " frustrer ". Savoir dire NON . Savoir supporter la frustration des enfants.

1/ Plus de NON

Le drame de notre Société c’est que personne n’apprend à personne le langage qui fait LOI, tout est permis, il n’y a pas ou peu d’interdictions aux justes niveaux, on n’ose plus frustrer les enfants là où ce serait nécessaire   

         - ni les parents

         - ni les enseignants, éducateurs, c’est même mal vu et ça fait peur.

2/ Instrumentalisation de l’enfant

L’enfant jeté dans un monde d’objets censés combler tous les vides, toles Tous les manques, les siens et ceux des parents, devient un objet lui-même, "  annulé du ressenti " ( selon D.Vasse ) une mécanique sans âme. On voudrait qu’il n’ait ni sensations, ni émotions, seulement un cortex solide qui lui ferait réussir des études sans réfléchir à pourquoi il les fait. " Tu as un portable, une télévision, un ordinateur, une voiture, un appartement, des " fringues " fais des études dans le sens où la Société te guide , ne sens rien, surtout pas qui tu es. Et ça ne marche pas ! Et le jeune étudiant ne trouvera même pas de travail dans la voie où il a été guidé ! Ce sont là les frustrations des nantis. Il y a aussi les frustrations de ceux qui voient les autres consommer tout en étant exclus de la consommation.1/ Quels sont donc les manques réels qui frustreraient l’individu et l’empêcheraient de maturer ?

Qu’est ce que la Frustration ?

La frustration serait une tension psychologique engendrée par un obstacle qui empêche le sujet d’atteindre un but ou de réaliser un désir pour lui-même. La frustration s’accompagne de sentiments très variés : injustice, colère, rage, impatience, irritabilité, intolérance jusqu’à irrespect de l’Autre et violence.

L’état de frustration résulte du refus des castrations quand l’absence de langage-loi plonge l’enfant dans l’incestuel . La frustration naît quand il n’y a pas d’interdit juste, quand le père symbolique est destitué et remplacé par un père réel enfant. Les frustrations découlent directement du manque de CASTRATION donc d’Interdits nommé dans l’Amour pour la Croissance de l’enfant.

2/ La frustration est de l’ordre du vécu imaginaire là où le sujet se sent victime d’un dommage imaginaire et ne cesse de revendiquer la réparation de ce dernier . Un objet réel a été refusé au sujet. Cet objet constitue le centre de la plainte. L’agent de cette frustration c’est la personne qui, par sa présence ou son absence en tant qu’autre pourrait donner l’objet et le ne le donne pas. Comme le refus du MANQUE organise la FUSION mortifère la FRUSTRATION organise la plainte perpétuelle et la révolte, la revendication . La FRUSTRATION est une plainte, un cri, un appel de la part d’un sujet vers l’Autre et la réponse vient d’après le bon vouloir de l’Autre. D’emblée, il y a écart entre demande et réponse. (Ex : Les provocations dans les banlieues)

Toute réponse à la demande ne vient jamais correspondre exactement à ce qui a été demandé. L’objet qui est demandé n’est pas l’objet réel, la demande est aussi demande d’autre chose. Ce qui est attendu en réponse n’est rien d’autre que l’Amour de l’Autre représenté par l’objet du Don. Mais l’Amour de l’Autre est au-delà et au-delà de l’objet du Don. Toute demande est demande d’AMOUR. Tout MANQUE est manque d’AMOUR pour Soi, l’Autre, la VIE.

Toute frustration est désespoir d’AMOUR et signe que le DESIR de l’enfant qui est DESIR d’EVOLUTION et non de régression a été perverti. C’est cela l’objet réel refusé, le mode d’accès au Désir.

ADDICTION et DEPENDANCE

ou le moyen d’échapper au Manque à Etre, aux manques et à la frustration par des compensations et   des béquilles

Il est évident qu’avant d’être autonome, le petit de l’homme doit passer par une dépendance nourrissante, protectrice avec de bons " objets " d’Amour. Mais l’impossibilité d’élaborer la perte, le deuil de l’objet perdufoncièrement perdu ( Freud ), voire jamais trouvé ( Racamier ) dont la quête oriente toute notre vie – l’impossibilité d’en supporter la douleur, peut engendrer un haut niveau d’angoisse, réactiver la dépression anaclitique et conduire l’individu coupé de lui-même et non séparé des objets partiels à mettre en place des comportements de dépendance et d’addiction. L’objet d’addiction remplace l’objet perdu. Tout s’organise chez le dépendant pour tenter de neutraliserle vide, l’angoisse, la dépression sous-jacents à la séparation, la perte. Souvent conséquence chez le jeune ou l’adulte du manque d’étayage ou d’accordage à une Mère suffisamment bonne et présente ( carence affective, manque de peau à peau archaïque, condition de sevrage ) les addictions sont essentiellement des troubles de l’ORALITE ( orifice ORAL bouche ). La dépendance serait l’attirance, le " désir " incontrôlable pour un objet partiel / sein ( la cigarette par ex ), mal ciblé qui, au lieu de procurer la satisfaction escomptée et obtenue dans un premier temps, serait source à la longue et par répétition de violence à soi-même( représentation du mauvais objet )

Dans cette destruction, l’addict se sentant mal aimé  d’un autre se " mal aime " lui même dans une culpabilité d’exister inconsciente donc agie. Le DESIR est attirance lui aussi donc la dépendance serait un désir , perverti, car le mot désir ne peut s’utiliser ici. Dans l’addiction ce n’est pas le sujet libre qui est tendu vers, mais un objet extérieur qui établit une emprise sur un sujet incapable de limiter cette emprise. " Le désir, lui, est le ressort qui permet à l’homme de prendre en charge son existence " dit le psychanalyste Denis Vasse.

L’addiction c’est l’inverse, c’est ce qui empêche de prendre en charge son existence, le refus de ce qu’elle est parce que cette existence est restée accrochée à un ailleurs archaïque dans l’attente que quelque chose qui ne s’est pas passé dans la vie du nourrisson et de l’enfant puisse enfin advenir. Advenir pour combler une béance indicible par le langage, béance d’une impossible demande à un autre. La souffrance a été oubliée mais pas l’empreinte, pas les sensations négatives, pas le besoin d’y trouver un remède, un apaisement fût-il dangereux ou mortel. Le lien blessé à ces premiers Autres que sont les parents sont pour beaucoup dans l’origine des addictions. Tout le monde a besoin d’une Mère, d’un Père et cependant la carence principale n’est pas que l’Amour. Le plus souvent les carences principales pour grandir sont la LOI, les interdictions, le NON, la symbolisation par la PAROLE

C’est avec des interdits justes que l’on construit un être. Et c’est cela AIMER. Les addicts sont restés des enfants en mal d’Amour fusionnel c’est à dire où le Sujet n’existe pas ( pas de MOI, de JE ).

Intéressons nous de plus près à la notion de dépendance aujourd’hui : dépendance à une drogue mais pas seulement. Dans cette société, il s’agit surtout de conduites de dépendance qui définissent un style de vie et de comportements ( travail, alcool, cigarettes, drogues, jeux, achats, sexualité, échangisme, téléphone, internet, ordinateur, télévision ) . on y inclut bien sûr les troubles des comportements alimentaires : anorexie, boulimie, compensations de tout types par la Grande Bouffe (voir film). L’ Anorexie par la privation sévère de nourriture qu’elle représente serait pour moi addiction au manque lui-même et " vengeance à la vie "

Intéressons nous de plus près à la notion de dépendance aujourd’hui : dépendance à une drogue mais pas seulement. Dans cette société, il s’agit surtout de conduites de dépendance qui définissent un style de vie et de comportements ( travail, alcool, cigarettes, drogues, jeux, achats, sexualité, échangisme, téléphone, internet, ordinateur, télévision ) . on y inclut bien sûr les troubles des comportements alimentaires : anorexie, boulimie, compensations de tout types par la Grande Bouffe (voir film). L’ Anorexie par la privation sévère de nourriture qu’elle représente serait pour moi addiction au manque lui-même et " vengeance à la vie " ( expression de Denis Vasse )

Intéressons nous de plus près à la notion de dépendance aujourd’hui : dépendance à une drogue mais pas seulement. Dans cette société, il s’agit surtout de conduites de dépendance qui définissent un style de vie et de comportements ( travail, alcool, cigarettes, drogues, jeux, achats, sexualité, échangisme, téléphone, internet, ordinateur, télévision ) . on y inclut bien sûr les troubles des comportements alimentaires : anorexie, boulimie, compensations de tout types par la Grande Bouffe (voir film). L’ Anorexie par la privation sévère de nourriture qu’elle représente serait pour moi addiction au manque lui-même et " vengeance à la vie " ( expression de Denis Vasse )

Le terme addiction vient d’un terme juridique anglais et signifie " saisie du corps comme gage d’une dette impayée " c’est à dire une contrainte par corps. Si l’on se rapporte à la culpabilité du dépendant évoquée plus haut, le terme est bien choisi ! Coupable et puni de n’avoir pas su attirer à lui l’Amour, l’intérêt des parents.

Là où il pouvait y avoir recherche de plaisir, il y a recherche de la satisfaction immédiate d’un besoin erroné, jamais satisfait entraînant compulsion de répétition lié au concept de pulsion de mort.Ce qui est en jeu dans l’addiction c’est la tentative désespérée de réparer l’image inconsciente du corps dans ce cas altérée, négative, faite des sensations vécues jadis par le nourrisson et en lien avec des images ( Dolto, Nasio). L’image inconsciente du CORPS est mémoire et rythme. L’addict représente par sa conduite d’addiction la mémoire et les rythmes négatifs de la petite enfance. Il stimule dans le présent des sensations corporelles et des images négatives là où le bébé a perçu des sensations corporelles et émotions négatives liées à l’abandon, au manque de toucher et de contact.L’addiction est un langage actualisé de la douleur du manque, de la privation et de la frustration restés inscrits dans l’image inconsciente du corps élaborée dés les premiers mois de la Vie.

Quelles sont les sensations les plus investies qui se fixent en images et que l’addict  n’aurait pas vécues sous forme positives pour se construire ?

Selon DOLTO et NASIO :

1) celles qui donnent à l’enfant l’impression que son corps est une masse dense et stable, image de base.

2) celles qui lui donnent l’impression que son corps est une masse tonique. image fonctionnelle.

3) celles qui lui donnent l’impression que son corps est tout entier réduit à un pôle d’intime tension érogène . image érogène

Un être heureux, équilibré, serait celui dont l’image de base s’appuierait sur le ressenti d’un corps paisible solide doté d’une sécurité ontologique continue, dont l’image fonctionnelle serait l’image ressentie d’un corps agité, fébrile tout entier tendu vers la satisfaction des besoins et des désirs et dont l’image érogène serait ressentie comme orifice palpitant de plaisir comme trou comblé par un objet de satisfaction . L’addict tente de restaurer une image inconsciente du corps détériorée en reproduisant un état de tension vers l’objet de dépendance ( qui correspondrait à l’autre, la Mère ) en mettant en place par cet objet une présence immédiate – corps à corps – et en tentant de mettre entre lui et l’objet une expérience sensuelle. En se mettant dans l’état d’avoir à répéter les sensations, le dépendant essaie de se créer des EMOTIONS positives, vibrantes là où il n’y en a pas eu.Quelle douleur, quelle souffrance ? La douleur d’Aimer, la douleur du deuil derrière ces comportements !La douleur du lien blessé.

La douleur du lien blessé.

Par l’accoutumance et la tolérance se recrée un lien psychique et physique (tentative de réparation) à un agent externe qui devient indispensable ( en fait reproduction du manque ). On n’est pas loin de réimprimer là les rythmes du besoin impérieux du bébé d’être nourri. Le syndrome d’abstinence et de sevrage reproduit au niveau neurophysiologique le manque archaïque. Se met ainsi en place une alternance entre douleur et plaisir entre pulsion de vie et pulsion de mort.

Selon Zuckermann et ses travaux ( 1963 ) toutes les pathologies d’addiction sont recherches de sensations. Cela correspondrait au besoin d’expériences nouvelles et complexes en relation avec un niveau optimum élevé d’activation cérébrale ( recherche de mise en Vie de stimulation et d’activation ) Recherche de danger et d’aventure, d’expériences nouvelles illégales donc d’une vie non conventionnelle d’autant plus excitante, recherche d’un facteur de déshinibition sociale,( alcool, drogues ). On retrouve là l’ensemble des attitudes hédoniques , extraverties : affichage par trop exhibitionniste d’une sexualité différente – goût de la fête, sensibilité à l’ennui, aversion pour tout ce qui est monotone, routinier ; impatience quand rien ne change ( une des raisons de l’alcoolisation des jeunes ). L’addict a besoin à chaque instant de " provoquer " la Vie.

J.Bergeret dit qu’il n’y a pas de structure spécifique au toxicomane. Je pense cependant que les sujets border-line états limites avec des aspects caractériels de type oral sont à risques de dépendances et que nous sommes dans ce type de société donc à haut risque ( cf : les jeunes anorexiques de plus en plus nombreux ). Bengeret décrit lui-même chez ces individus des aménagements partiels, une violence fondamentale. Dans la société actuelle les aspects border-line passent souvent inaperçus et concernent des personnes apparemment normales. C’est seulement quand elles sont placées dans des situations frustrantes ou gravement stressantes qu’elles fuient la dépression redoutée pour aller vers des pulsions suicidaires. Or la dépression est nécessaire pour changer, elle permet d’accomplir un deuil

A notre entendement l’alcool, les drogues aident l’ énergie de dépressivité localisée dans la bouche et la mâchoire à refluer vers les yeux, évitant la dépression mais déclenchant une angoisse et une culpabilité impossibles à gérer et poussant aux conduites suicidaires. A ne pas vouloir souffrir on choisit de mourir. Dans la méthode de neuro-végétothérapie que nous pratiquons à l’Institut SOMAPSY, cinq mobilisations neuromusculairesactings ) visent à transformer ce type de souffrance et la dépressivité du dépendant. Un vrai toxicomane est impossible à traiter ainsi s’il a toujours recours à la drogue. Avec les toxicomanes non sevrés, il est impossible de pratiquer les actings des yeux.

Je voudrais insister sur le fait suivant : Quelle que soit notre stucture, névrotique, psycho-névrotique, border-line, ou à noyau psychotique, que nos traumatismes soient plus récents ou plus archaïques, nous sommes tous concernés par les questions de dépendance et d’addiction dans la mesure où aucun stade ORAL n’est jamais vécu de façon satisfaisante par aucun nourrisson. Il en résulte que la dépendance commune et courante est la dépendance à l’Autre dans la souffrance et les conflits. Ce qui rend si difficile la séparation de certains couples même lorsque la violence des partenaires devient pathologique.

En résumé, si nous n’y prenons garde, nous restons tous à Vie des NOURRISSONS.

Cette idée, pour moi, demanderait aujourd’hui un développement tout particulier.

A travers l’addiction, la personne donne à voir toutes les images d’elle qui correspondent aux sensations corporelles d’un bébé / enfant / adulte FRAGILE en état de déception, de frustration, de manque, d’insatisfaction et d’incapacité à supporter les castrations ( état de pulsions permanent ). Autres que les carences affectives, c’est l’impossibilité de renoncer à du trop d’attachement à du pas assez de limites et d’interdictions. C’est une éducation parentale, une société sans limites , sans LOI et sans le nom du Père qui les favorise. Là où il est interdit d’interdire se met en place la recherche de la Jouissance et du toujours plus. Les castrations non vécues les toujours plus de jouissance signant la mort du désir.

A propos de Toxicomanie, ce que l’on peut dire, c’est que : Beaucoup de toxicomanes peuvent être états limites sans que tous les états limites ne le soient. Le toxicomane peut donc se situer dans la structure névrotique comme dans la structure psychotique.

 : Beaucoup de toxicomanes peuvent être états limites sans que tous les états limites ne le soient. Le toxicomane peut donc se situer dans la structure névrotique comme dans la structure psychotique.

Nous trouvons chez ces personnes :

  • la possibilité de nombreux passages à l’acte.
  • la confusion entre désir et besoin.
  • l’objet cause de désir est inatteignable.

Or la drogue est un leurre qui fait croire que l’objet existe, atteignable.

Remettre la LOI, les interdits, c’est primordial mais difficile car les addicts, les oraux portent la peur de se soumettre sous forme de véritable psychopathologie. L’ORAL frustré, déprivé insatisfait est coléreux, mordant, sans conscience parfois de la dépression ou résigné. Il a la volonté de serrer les dents, d’aller de l’avant, mais pour se détruire. Toute l’énergie est dans la bouche et dans le cou qui se raidit. Il a des traits narcissiques très marqués ( obstiné, volontaire ). Souvent il devient violent, jaloux et possessif. Les personnes concernés par ces traits de caractère se plaignent d’insomnie, de fatigue, d’ inappétence   d’épuisement nerveux . Elles remplissent les cabinets médicaux tous les aspects dépressifs se rapportent à une situation orale ( sauf la dépression mélancolique ).

Des pathologies orales apparaissent à la pré-puberté et puberté. On oublie souvent de les relier à la phase orale, à la vie du nourrisson. Comme si la période de latence pourtant contestée aujourd’hui continuait à occulter cette phase archaïque si importante du premier lien à la Mère et à la Vie.(Voir W. REICH : "Reich parle de Freud " Editions Payot)

 

Le produit de dépendance est une restauration de l’objet hallucinatoire ( sein lié au processus de sevrage et de séparation ). L’acte du toxicomane est une incorporation réelle d’un objet partiel il n’y a pas d’incorporation imaginaire , le corps se réduit au somatique avec désexualisation, rien ne semble se jouer sur la scène psychique pas d’affects, pas de représentations. Il y a donc DENI de l’Altérité, DENI de Réalité ( l’Autre étant objet de souffrance ) le DESIR est transformé en BESOIN, le corps en machine, la satisfaction en acte spécifique qui nie l’Acte de la PRESENCE, le manque en besoin impérieux.</f

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Il n’y a plus qu’illusion de toute puissance

  • intolérance à la frustration
  • recherche de toujours plus de jouissance
  • toujours plus de jouissance donc pulsion de MORT et MORT du désir

C’est l’expérience ALIENANTE que cette société commence à faire globalement. Il y aurait à analyser comment les parents se sont laissés déparentiser, c’est à dire privés de la PAROLE juste envers les enfants par une société et des acteurs politiques responsables de l’encouragement à la consommation d’objets à outrance où le bébé dés la naissance semble être un objet d’attachement et de consommation perdu parmi d’autres objets d’attachement. Ce n’est plus une société invitée à la Spiritualité, à l’Amour et au respect des Autres mais une société de mensonge et de perversion , pleine de peurs et de violence où tout est encore à faire et refaire où comme le disait W.REICH " il faut humaniser l’humanité ". Le problème des dépendants c’est qu’ils n’utilisent pas assez leurs pattes de derrière ( mobilité, motilité ) . Le NON pousse à l’autonomie. Ce n’est pas un mauvais traitement. Or les parents n’encouragent pas à bouger. ( Télévision par ex ). Il y a ceux qui voudraient bien dire NON mais qui ne peuvent pas pour des raisons névrotiques ( passé, culpabilité ) Il y a ceux qui n’osent pas. Ils ont peur. ( voir livre "  Parents, osez dire NON " Albin Michel )

Les conséquences de l’absence d’interdit sont graves. Il faut dire NON pour éviter deux types de dangers :

a/ externes ( pour protéger l’enfant ( prise de courant , fenêtre, etc)

b/ internes pour maîtriser les pulsions. Apprendre aux enfants à se refuser eux-mêmes certains plaisirs non avenus.

Dire NON, mais vraiment s’occuper des enfants . Un non de colère ne sert à rien. Se faire obéir naturellement. L’enfant n’a qu’une envie c’est obéir, l’enfant est content d’obéir. Cela correspond à son besoin de sécurité. L’adulte doit être convaincu de l’interdit. Le trop d’explication nuit. Expliquer n’est pas nécessaire. C’est comme ça. Je suis ton parent, je pense comme ça. Avec l’interdit, s’il le faut la sanction. C’est ainsi qu’on fera des individus dont le seul maître sera le DESIR. C’est une phrase exigeante responsable. Attention nous sommes dans une société ORALE de DERESPONSABILISATION qui met véritablement les individus en DANGER.

L’individu dépendant ne sait plus de quoi il souffre, or il souffre essentiellement d’avoir perdu son désir et de le confondre avec des besoins. Chez l’être humain le désir et avant tout désir de communication inter humaine. Contrairement au Besoin, il n’est satisfait par aucun objet. Il est d’ordre langagier ni ORAL ni ANAL.

Nous sommes aujourd’hui dans une société de non castrés, de frustrés, de jouissance immédiate et à haut niveau de tous types de dépendance consciente, pire, inconsciente.

                                              CONCLUSION

En résumé, du fait d’être mortel l’être humain est marqué du Manque.

Dans ce MANQUE vient se loger le DESIR tension vers l’inatteignable étoile.

Un désir satisfait équivaut à sa mort, à sa chute (d’ou l’importance de ne pas " pourrir ", " gâter " l’enfant).

Le DESIR porte donc la nécessité du MANQUE, développant l’imaginaire.

L’imaginaire soutient le sujet et la dynamique de son DESIR.

Le DESIR intègre la LOI et la LOI l’HUMANISE.

Pour F.DOLTO, l’origine du désir c’est le désir de rencontrer les Autres qui est pour elle déjà présent dans l’embryon.

Il viendrait du VERBE, de DIEU, que tout humain porte en lui.

Ce siècle s’il s’éloigne de l’acceptation de l’Autre fondamentalement différent dans son sexe, sa fonction et son identité se prépare des évènements difficiles.

De quelle société parlons-nous si nous refusons de vivre ensemble notre différence ?

Est ce que nous n’évoluons pas vers ce type de société ?

Où est la société où les individus auraient pour seul maître le DESIR, quand on leur fait peur de tout et qu’on ne leur inculque pas clairement dès l’enfance les 3 interdits fondamentaux :

  • interdit du cannibalisme
  • interdit de l’inceste
  • interdit du meurtre.

Nous ne sommes pas contrairement à ce que prétendent les détracteurs de la psychanalyse, des prédicateurs du Manque mais des prédicateurs du DESIR et de l ‘ " Autre du DESIR " face à des prédicateurs de besoins fallacieux, hédonistes et individualistes.

Nous ne sommes pas dans une société d’hospitalité peut-être sommes-nous tous en manque d’hospitalité voire souffrant " d’hospitalisme " selon l’expression de R.Spitz.

Ce que je veux dire c’est que les relations inter humaines devraient être là pour guérir nos MANQUES.

Il y aurait à s’intéresser à nouveau à ce que W.REICH appelait l’hygiène mentale, la prévention collective des névroses afin, entres autres objectifs, d’assurer la croissance des fœtus dans des corps équilibrés, animés bio-énergétiquement.

Ouvrages de références :

  • Jean BERGERET- La dépression Payot
  • La personnalité normale et pathologique- Dunod
  • Françoise DOLTO- L’image inconsciente du corps Seuil
  • Sigmund FREUD -Introduction à la Psychanalyse Payot
  • Sandor FERENCZI -Le Traumatisme Payot
  • Thalassa -Payot
  • Jacques LACAN -Séminaire IV La Relation d’objet Seuil
  • Juan David NASIO -La douleur d’aimer
  • Le livre de la douleur et de l’Amour - Payot
  • Les travaux du neuro- psychiatre - Federico NAVARRO - édités par l’Institut SOMAPSY Lyon
  • Paul Claude RACAMIER - Le génie des origines Payot
  • Salomon RESNIK - L’expérience psychotique
  • Yvette TACCOEN,- Psychologue Psychopathologies Toxicomaniaques (Article oct. 1999 )
  • Denis VASSE - Le temps du désir Seuil
  • Séminaire " Le nom du Père "
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