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Homosexualité Christine Zürcher

L’Homosexualité

Thème présenté par Christine ZURCHER

d’après le séminaire psychanalytique de J.D. NASIO

 

 

 

Parler d’homosexualité revient à parler d’amour et les ombres de l’amour ont leurs racines dans le préverbal. Notre façon d’aimer n’est pas libre. Elle est soumise non pas à l’histoire véritable mais au roman fantasmé de notre histoire familiale qui a des répercussions sur notre structure. Cela concerne nos traits de caractères, notre circulation d’énergie, nos conflits et nos névroses. La façon d’aimer est liée aux 3 formes (Unaire – Duelle – Ternaire). C’est l’évolution de la façon d’aimer (cf : processus d’aimer en APSYSE). Sous l’angle des 3 formes, l’homosexualité serait comme un figement d’un individu à un stade de son évolution. Par exemple pour le noyau psychotique, il y a impossibilité de concevoir l’autre autrement que dangereux donc à annuler. La fusion-confusion entraine la déception qui entraine la solitude et le rejet de l’autre. Il y a renoncement à l’amour humain ; seul amour possible : l’amour divin.

Il y a à faire beaucoup de concession vis-à-vis de l’autre pour pouvoir aimer et être aimé sur cette terre. Selon Freud et ses disciples nous avons tous fait au moins une fois dans sa vie le choix d’un objet homosexuel et l’ayant accompli, on le garde ou l’abandonne.

  1. : « Souvenirs d’enfance de Léonard de Vinci », »Les Trois Essais sur la théorie de la sexualité ».

 

Nous sommes tous homosexuels, dit la psychanalyse.

  • L’homosexualité « latente » diffère selon les configurations psychiques, les cultures etc. Elle passe à l’acte ou ne se manifeste pas, sauf en rêve. Serait-ce une impossibilité ou une difficulté d’aborder l’autre sexe ? La peur de l’autre sexe amène à la mise à distance de l’autre.

  • L’homosexualité réelle est perversion pour la théorie psychanalytique. Il y a un lien entre l’homosexualité et l’analité, le sadomasochisme, et les traits de caractère de perversion.

Le vrai pervers (plutôt l’homme) recherche plutôt des femmes pour les utiliser, la femme est une proie fragile et facile.

Est pervers ce qui détruit la vie et dans l’homosexualité, il y a bien la non transmission naturelle de la vie. Pour nier ce trait de caractère, il y a appel à l’insémination, à l’adoption. Se questionner sur l’origine de la vie.

Inversion, aberration sexuelle, perversion : la psychanalyse ne condamne rien mais considère que l’homosexualité est une fixation infantile.

  1. : « le rapt de Galymède » de Fernandez (1989) page 86-91.

 

Nous sommes tous homosexuels et hétérosexuels, ceci est en lien avec la bisexualité : fixation vers les 2 ans lors de la phase anale. Quand il y a choix d’homosexualité, c’est indélogeable malgré la thérapie. En thérapie il s’agit d’être conscient et de garder ou non son homosexualité.

 

On ne peut parler d’homosexualité sauf à la mettre au pluriel car il existe plusieurs façons d’être homosexuel (couple, épisodique, projet d’amour, pour d’autres les désirs restent en silence et c’est alors beaucoup de souffrance). Cela peut aller jusqu’au dégoût de la femme.

  1. : Proust « Sodome et Gomorrhe » sur la perversion narcissique ; De Thomas Mann : « Mort à Venise »-Film ; de Bell et Weinberg (1980) chez Albin Michel, « Homosexualités ».

 

 

Le narcissisme de l’homosexuel

 

Comment va se refouler l’homosexualité ? C’est une partie émotionnelle (PE) cachée, dissociée chez tout narcissique. Comment va s’exprimer cette PE dans la cure analytique ? L’homosexuel peut mépriser son thérapeute. Ce mépris est une méprise, c’est se tromper, c’est un mensonge à soi-même et des mensonges difficiles à déterrer.

Il y a mise en avant de la beauté du corps : la croyance de l’homosexuel est que son attrait est plus grand que celui des autres hommes/femmes narcissisme). Dans la tête de certaines personnes, tout est sexualisé, cela peut donner une composante homosexuelle ou hystérique (tout reste latent).

 

 

L’homosexualité dans la cure

 

Pour l’homme comme pour la femme, c’est une question d’analité.

A la fin du XIX siècle, invention du mot « homosexualité » et de « psychopathie sexuelle » ; apparaissent alors les premiers défenseurs de l’homosexualité. Uranisme vient de Ulrich qui est le premier défenseur de l’homosexualité. La morale judéo-chrétienne et le XX siècle ont influencé le débat, on parle de sensation sexuelle contraire : une âme de femme contenue dans un corps d’homme. L’homosexuel serait-il comme un troisième sexe entre homme et femme ? Une tare congénitale ? Un atavisme ? Un stigmate de dégénérescence ? Est-ce que l’onanisme a un rapport avec l’homosexualité ? Est-ce héréditaire ? Y-a-t-il une part de séduction narcissique ? Y-a-t-il du somatique ? Peut-on lire des signes sur le corps ?

 

Freud commence à poser les questions autrement : notion de bisexualité présupposée commune à tous les humains, comme une base commune à la biologie, cela suppose un savoir sur l’opposition masculin/féminin. Pour lui, il n’y a pas de troisième sexe, il n’est pas question de sexualité mais d’amour.

Le « machiste » ne peut accepter son homosexualité latente. Les hommes homo ont souvent connu un amour fort à l’égard de la femme : leur mère, mais il n’y a pas eu de soudure entre la pulsion et l’objet. L’assomption d’un sexe, c’est le choix qui se fait par l’Oedipe et la castration œdipienne primaire de la mère, ce qui est pour l’homosexuel impossible à accepter ! Lacan :  « à mère parfaite, fils pervers ».

 

Dans la jalousie, la paranoïa et l’homosexualité masculine, les processus psychiques sont les suivants :

  • Fixation à la mère

  • Identification à la mère

  • Choix d’objet narcissique

  • Haute estimation de l’organe mâle

  • Déférence trop grande ou angoisse inspirée par le père qui crée le renoncement à la rivalité avec le père

  • Influence de la séduction

  • Transformation en son contraire de sa rivalité ou de son agressivité envers la fratrie ou le père. D’où ce qu’on appelle l’inversion des sentiments que l’on ne trouve pas que chez les homosexuels.

 

La fixation à la mère :

La participation de la mère dans l’homosexualité de l’homme est un constat de la clinique. L’attachement intense à la mère de nature érotique est favorisé par la tendresse immense de la mère pour son fils (enfant phallus de la mère, lien indissoluble, fixation indélogeable) ou par une mère très masculine, une virago. Le fantasme de la mère phallique peut amener une autre perversion : « le travestisme ». L’enfant est l’a-sujet (assujetti de la mère), il se met à la place de ce phallus désiré par la mère : c’est l’enfant phallus. C’est un rapport imaginaire qui fonctionne bien car la mère croit avoir le phallus et l’enfant croit être le phallus.

  1. : « Même les kangourous se détachent de leur mère ».J Maisondieu

 

L’identification à la mère :

C’est une réponse à l’angoisse de castration. Dans les rêves où l’homme rêve qu’il fait l’amour avec sa mère, la mère devient lui-même et il se regarde en train de faire l’amour avec lui-même, il résout ainsi son angoisse.

Cette identification est régressive ; c’est un retour à l’auto-érotisme. Cette issue est plus facile que l’identification au père (identification normale).

 

 

Choix d’objet narcissique :

C’est le choix d’un partenaire sexuel qui me représente moi-même. Il est « moi ». Je m’aime moi-même comme ma mère m’a aimé, c’est-à-dire comme un phallus. Ces hommes restent de petits garçons, leur choix d’objet va vers des personnes substituées à leur propre personne enfantine. Ils portent en eux de façon inconsciente la pédophilie puisqu’ils cherchent à retrouver le petit garçon qu’ils ont été (sans pour autant passer aux actes).

 

Haute estimation de l’organe mâle :

Elle est présente dans l’anatomie du partenaire en miroir. Par contre le transsexuel méprise l’organe qui l’encombre. Cela touche l’angoisse de castration : absence du pénis chez la femme et peur d’être castré chez l’homme. S’il n’y a pas de castration il y a frustration. L’homosexuel sauve son pénis en choisissant l’identification à la mère, tandis que l’hétérosexuel sauve son pénis en renonçant à la mère. Les homosexuels vivent souvent l’enfer, une angoisse permanente et s’en tirent mieux par la sublimation dans la création artistique. Si le père est défaillant, il ne sépare pas l’enfant de sa mère. Il s’agit de réalités psychiques et de fonction, le père doit paraître avoir le phallus. Or dans bien des cas, c’est la mère qui fait la loi et c’est le père le phallus, c’est une fonction parentale : il s’agit de symboliser le phallus.

(Navarro pensait que tout homosexuel devait devenir hétérosexuel !)

L’amour fusionnel ne peut faire place à l’amour parental.

 

Complexe de nidation :

C’est la peur d’être avalé par la pénétration du féminin, tout comme le père. Le corps de la mère contient tout, les enfants, le père.

 

Déférence ou angoisse inspirée par le père : autres aspects de la rivalité avec le père

  • Homosexualité chez l’obsessionnel :

Crainte d’être castré si passif face au père et crainte d’être castré si actif face à la mère.

  • Trouble sur la possibilité : éjaculation précoce (confusion avec l’urine = énurésie), impossibilité d’éjaculer (lâcher le sperme serait comme les matières fécales à ne pas lâcher pour faire plaisir à la mère à laquelle il est assujetti). L’homosexualité latente est en relation à l’assujettissement à la mère en présence ou absence du père. Tout cela cache le fantasme de tuer le père.

  • L’homosexualité chez l’hystérique : identification de l’homme à la femme et de la femme à l’homme.

 

Rapport avec la fratrie :

La fratrie représente nos racines horizontales pour nous propulser dans le social, elle génère rivalité, jalousie. C’est le cadet qui veut être comme le ou les grands, qui risque d’être homosexuel. C’est une fixation au stade du miroir : je choisis celui qui me ressemble le plus pour lutter contre moi.

  1. : Durando « Du renoncement homosexuel ».

 

Attention aucun de ces processus ne mène obligatoirement à l’homosexualité, mais cela peut y contribuer, nous pouvons les penser comme des réalités psychiques.

 

 

La fixation anale chez tous les homosexuels

 

Chez les sadomasochistes, c’est là où se fixe l’énergie. Le refus de la castration conduit à une forte culpabilité inconsciente. Refuser la castration n’est pas dans l’ordre des choses et du coup, (angle mort), nait de la culpabilité, qui entraîne le mépris de la vie et de soi-même. La sous estimation de soi va se mettre en scène dans des comportements sexuels sadomasochistes. La demande de châtiments exprime la culpabilité inconsciente, le châtiment devient une jouissance (rechercher les situations refoulées qui peuvent être à l’origine de la jouissance).

C’est l’enfant qui s’en veut de s’être laissé soumettre au désir malsain de la mère et de cet accord sur la négation de lui-même : refus de son sexe, de son genre, dans sa génération. La négation de lui-même répond à la négation de la mère. Il y a une proie et un prédateur à l’intérieur, d’où, ça se rejoue à l’extérieur.

Difficile à travailler car les traits de caractères « pervers » amènent sabotage de la vie, de la thérapie, des groupes etc.et fuite en refusant tout changement possible de ces traits de caractère.

En APSYSE, il faut beaucoup de temps pour récupérer ces questions de SM. Après le travail jusqu’au diaphragme, il faut interroger beaucoup sur la sexualité quand on en est au travail de la méduse, queue, rameur. Est-elle vécue sur un mode insatisfaisant pour l’homme et sa/son partenaire ? Auquel cas il pourrait-y avoir une vengeance à la mère.

 

Souvent l’homosexualité latente se manifeste par un symptôme : le prurit.

L’énergie ne circule pas de la même façon chez l’homosexuel hystérique et obsessionnel.

Chez la « folle » (caricature de la femme), il y a haine de la femme, « je vais vous montrer la mauvaise image de la femme ».

Comment perdure chez chaque patient la bisexualité ? La bisexualité non résolue génère le fantasme porteur du refus de castration et de l’homosexualité latente.

Le couple est difficile à vivre quand la personne est homosexuelle latente, dans le couple les deux personnes régressent dans l’enfer des 2 ans.

Intégrer la castration primaire et l’ordre de sa génération est le préalable à la constitution du couple. Il y a un combat d’ombre dans les couples où chacun est régressé, où la frustration est subie à la place de la castration. L’amour se réduit aux marques infantiles de la relation mère-enfant. Quand il y a eu une relation « tordue » avec la mère, l’enfant est pris dedans.

Les ombres de l’amour ont une origine dans le préverbal et dans la bisexualité, où se jouent les fantasmes les plus terribles de destruction, extrêmement refoulés. Ce sont des parties très régressées et refoulées, difficiles à travailler car elles sont dans le préverbal, dissociées, sadomasochistes et perverses.

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